Salon dédié à la Santé Connectée
Hôtel Fairmont Monte-Carlo
Aspects économiques de la e-santé: point de vue de Loick Menvielle
Le monde de la santé connait depuis ces dernières années des changements radicaux en ce qui concerne la prise de pouvoir des patients par rapport à leurs maladies ou celles de leurs proches. Internet a été un véritable catalyseur au point d’ouvrir de nombreux espaces dédiés à exprimer les maux les plus profonds des individus. Les premiers groupements de patients notamment pour les pathologies telles que le sida et les cancers, ont constitué les bases de ce que l’on appellera l’approche participative et collaborative, à la fois entre patients mais aussi avec les différents acteurs de la santé, que ce soient les praticiens ou les laboratoires pharmaceutiques. Autant de changements possibles qui n’auraient pu se faire sans les TIC, faisant de ces outils une arme de choix pour exprimer et faire passer des messages que certains praticiens n’auraient eu tendance à écouter. Aujourd’hui la communauté de patients acor.org (Association of Cancer Online Resources) constitue l’un des regroupements les plus importants dans le monde (130 communautés de malades atteints de différents types de cancers). Ce moyen leur permet de partager et d’échanger de l’information sur leur état de santé. Ces espaces permettent également d’établir des discussions avec l’entourage du malade (amis, famille, cliniciens ou non) afin d’apporter assistance technique et support psychologique, s’inscrivant dans la droite ligne du CARE, approche qui commence à être enseignée dans les facultés de médecines françaises.

Si de façon traditionnelle, le médecin est souvent perçu pour sa mission curative, son rôle a évolué au cours des siècles, pour aboutir à une approche basée sur la prévention, conduisant à de profondes mutations et favorisant l’émiettement du pouvoir. La médecine « noble » vue par le patient, celle qui était à l’origine de la connaissance et de la sagesse du savoir médical est aujourd’hui à reconsidérer. Désormais, la composante préventive bouleverse cette notion de possession du savoir, changeant, par la même occasion, le barycentre de la relation Malade – Médecin; la vulgarisation de la connaissance ayant contribué à ces bouleversements.

Le Web 2.0. a été le véritable catalyseur de cette expansion de l’Internet et a engendré de nouveaux comportements basés sur l’interaction entre internautes, la création de communautés avec, en leurs seins, de réelles hiérarchies d’influences et des rôles biens définis. L’apanage du savoir n’appartient plus uniquement à une élite mais fait l’objet d’une large diffusion sur l’ensemble des strates de l’Internet 2.0.

Comme de nombreux secteurs des services, dans lesquels les interactions entre les clients et les prestataires de service ont lieu, le secteur médical a connu des mutations et présente un nouveau visage. L’envolée du numérique, par l’incursion des Technologies de l’Information et de la Communication (T.I.C.), a révolutionné la sphère médicale. La propagation des technologies a permis d’apporter au plus grand nombre une offre de soins à la fois plus accessible à tous, tout en améliorant les performances médicales et la qualité des prestations de santé (intégration de la réalité virtuelle, « scalpels intelligents », télémédecine et téléchirurgie, transplantations, « robots chirurgiens », endoscopie…) d’après Christensen in Blagg (2009). Cette e-santé, recouvre diverses dimensions co-participatives à la fois entre praticiens et malades.

1) Les systèmes d’informations partagées reposent sur le dossier médical électronique du patient et constituent un partage d’informations entre professionnels de la santé sur l’état du patient, permettant une meilleure collaboration afin de réaliser ou de lever un doute quant à un diagnostic, voire aider à la décision médicale pour des maladies orphelines.

2) Les soins et traitements physiques et psychologiques à distance. Cette dimension fait référence à la télémédecine , à la téléconsultation mais aussi à l’assistance et au recours aux systèmes mobiles permettant d’échanger de l’information entre praticiens et patients afin de diagnostiquer leur état de santé, de suivre l’évolution d’une maladie mais aussi d’éduquer le patient (M-Health / M-Santé).

3) Le management de la connaissance dans le domaine de la santé renvoie aux ressources électroniques et systèmes d’informations portant sur le champ médical pouvant être utilisés à la fois par les patients et les praticiens. Cette strate intègre à la fois les informations co-construites par les patients et non-experts du domaine médical que les ressources dédiées aux praticiens permettant, par exemple le suivi épidémiologique ou des informations relatives à des maladies orphelines ou rares.

La santé 2.0. se place au niveau le plus large des entités précédemment présentées, intégrant le management de la connaissance et de la co-construction de la connaissance dans le domaine de la santé.

Loïck MENVIELLE – Phd
Professeur Associé
Associate Professor
EDHEC BUSINESS SCHOOL

Vous souhaitez en savoir plus ?Venez écouter et discuter avec des experts en santé numérique le 10 juin 2015 à l’hôtel Fairmont Monte-Carlo.Les inscriptions pour

 Connected Health Monaco sont ouvertes à tous!

Retrouvez l’intégralité des newsletters sur 

www.connectedhealthmonaco.com
Facebook
Facebook

Twitter
Twitter

Site internet
Site internet